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title: "Analyse approfondie de Goodbye Eri"
pubDate: 2024-11-30
description: 'Dans ce post j''analyse le one shot "Goodbye, Eri" écrit par Tatsuki Fujimoto. J''y aborde beaucoup d''aspects du manga comme la mémoire humaine, la spontanéité des uns qui vient en opposition avec l''hypocrisie des autres et plein d''autres thèmes ! Disclaimer : Tout comme mon post sur "Persona 3 Reload - Episode Aigis", je spoil l''intégralité de l''oeuvre.'
author: "Guams"
illustration: "illu.jpg"
tags: ["Manga"]
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# Introduction
Après avoir vu en avant-première “Look Back” au cinéma écrit par Tatsuki Fujimoto et produit ainsi que réalisé par Kiyotaka Oshiyama. Jai été sincèrement touché par le film et jai décidé de lire “Goodbye, Eri” (ou “Sayonara Eri” (⸝⸝⸝O O⸝⸝⸝)), un autre one shot de Fujimoto. Et mon dieu que cétait cool à lire, si vous ne l'avez pas encore lu, je vous le conseille grandement, cest vraiment très rapide à lire (200 pages).
Tout ça pour dire que : dans ce post, je vais analyser “Sayonara Eri” que ce soit dans la mise en scène, la famille de Yuta (le protagoniste) et son premier film qui dextérieur paraît éthiquement questionnable mais est bien plus profond que ce que les figurants du manga pensent.
# Mise en contexte
<u>DISCLAIMER</u> : “Goodbye, Eri” est très flou dans son récit, lun des thèmes de l'œuvre est la difficulté de discerner la réalité de la fiction. Par conséquent le manga est raconté de manière à laisser planer le doute, donc beaucoup déléments (surtout la fin) sont très sujets à interprétation. Et cette analyse sert uniquement ma vision des choses, ma perspective en ce qui la concerne.
Le manga commence avec Yuta qui filme lanniversaire de ses 12 ans avec le nouveau téléphone que lui a offert sa mère, tout le monde paraît heureux sur la vidéo jusquà que sa mère lui fasse comprendre quelle va bientôt mourir, cela met évidemment mal à laise Yuta et son père, mais celle-ci insiste et demande à ce que Yuta filme tous les moments passés avec elle désormais pour que quand elle rendra lâme, il puisse se souvenir des bons moments passés avec elle. Lintrigue parle donc de Yuta qui enregistre le quotidien de sa mère. On remarque que malgré sa maladie, sa mère reste très souriante, tandis quen parallèle, quand son père est seul, il pleure. En fait on verra plus tard que le père est très spontanée dans sa manière dêtre, ce qui vient en total contraste avec sa mère qui est très fausse. Dès le début, on a une ambiance assez lourde. On ne voit que par la caméra de Yuta, on na donc aucun contexte de pourquoi la mère est malade, et de pourquoi le père pleure. En revanche, on sent lattention innocente de Yuta pour ses parents et son inquiétude sur leur état de santé (mentale pour le père et physique pour la mère).
![img1](img1.jpg)
Un jour, lorsquil filmait les fourmis de son jardin, son père lui demande de venir à l'hôpital car sa mère est actuellement en train de vivre ses derniers moments. Quand ils arrivent devant l'hôpital, Yuta se met à courir, la caméra en main comme sil essayait de fuir la réalité. Puis on a un plan de Yuta qui court avec l'hôpital en fond, puis… L'hôpital explose et la planche daprès on voit des élèves du collège de Yuta qui regardent ce qui semble être un film, en fait depuis le début nous sommes spectateurs du film de Yuta intitulé “Dead explosion mother”.
![img2](img2.jpg)
Tout le monde pense que ce film est complètement irrespectueux envers sa défunte mère, il subit des moqueries pour être aussi “bizarre” parce que… En effet, qui aurait filmé sa mère jusquà sa mort et laurait montrée à son collège, et aussi, une question qui lui est posée par lune de ses camarades et son prof : “Pourquoi avoir fait exploser l'hôpital ? ”Apparemment ce serait daprès Yuta “Parce que cest génial !”. Après pas mal de moqueries de la part de ses camarades, Yuta a eu la brillante idée de faire une vidéo de son suicide depuis le toit de lhôpital. Mais une fille sur le toit de lhôpital lui demande de se suicider autre part parce que cela nuirait à la réputation de l'hôpital. Cette fille est Eri !
![img3](img3.jpg)
Ensuite, elle lui demande si cest bien lauteur de “Dead explosion mother”. Il savère quelle est une grande fan de son œuvre. Connaissant les critiques qua reçu le film, elle lemmena dans un bâtiment désaffecté avec un canapé, un vidéoprojecteur et une pile de 9 h de film. Par la suite, de par leur passion commune (le cinéma), se crée une relation entre les deux.
Cétait mon résumé non exhaustif du début de lhistoire. Pour la suite je te conseille daller lire le manga toi-même pour te faire ton propre avis, les interprétations sont très subjectives en ce qui concerne lhistoire
# La famille de Yuta
Dans “Goodbye, Eri” la famille de Yuta est assez spéciale. Premièrement, la mère de Yuta était de ce quon sait productrice démission télévisée, donc elle a déjà de lexpérience avec les caméras et a naturellement transmis son attrait pour le domaine à son fils. Je trouve que Yuta est réellement endoctrinée par sa mère, paraissant parfaite à la caméra mais très manipulatrice et obsédée par ce film (beaucoup plus que Yuta en tout cas) sans les caméras. Un père très retiré et inactif, un père malheureux qui nose dire non à rien, par exemple il na même pas bronché lorsque sa mère a proposé lidée de réaliser ce film (pourtant la proposition est vraiment très déplacée), il se contente de pleurer dans son coin et daccepter son sort. Après la mort de sa femme, il était absent, du moins assez absent pour ne pas soccuper de son fils dépressif et suicidaire. Les parents ont même une relation étrange entre eux, le père paraît soumis, quand sa femme est mourante sur son lit dhôpital, il va filmer ses derniers instants comme elle le voulait. Il a mentionné que Yuta ne voulait pas voir sa mère mourir alors il na pas pu se résoudre à venir la voir, ce quelle répondit “Ce garçon a été inutile jusquà la fin”, ce sont ses derniers mots. Ici, on voit clairement comment sa mère est réellement dérangée. Yuta dans cette œuvre a un rapport étrange avec sa famille, surtout avec sa mère avec qui il a une relation très toxique.
![img4](img4.jpg)
Enfin, on peut noter que la mère voulait paraître parfaite pour les caméras, avec à la clé un potentiel gain de popularité. Cest là quon voit que Yuta tient de sa mère, en montrant son film à son collège, il espère plus dacceptation de la part de ses camarades, à limage de sa mère, il veut être populaire. Quand son film a flop, il voulait en faire un deuxième pour prouver aux autres quils avaient tort de ne pas considérer son film à sa juste valeur. Finalement, le père est le seul à ne pas vivre pour les caméras dans cette famille.
# Qui est Eri ?
Eri reste assez mystérieuse tout du long de loeuvre, concrètement elle est assez secrète, indifférente mais elle émane une aura assez bienveillante, par exemple dès le début après avoir amené Yuta regarder des films avec elle, Eri va se passer de lui dire pourquoi et cela pendant 9h mais malgré son air insaisissable, cest quelque chose qui a clairement fait du bien à Yuta puisquil avait à ce moment des envies suicidaires.
![img5](img5.jpg)
En clair, on ne discerne pas ses intentions, mais elles sont bienveillantes. On découvre plus tard (après les 9h de films) que Eri souhaite perfectionner lart cinématographique de Yuta car elle a repéré quelque chose de novateur dans son travail. En quelque sorte, à ce moment, elle lui donne une raison de vivre après une épreuve aussi dure que la perte dun être cher. On voit au fil des pages une espèce de romance se dessiner entre les deux. Tandis que Yuta continue de réaliser son deuxième film tout en se cultivant avec elle. Au bout dun moment, le schéma se répète et soudainement Eri a lair dêtre atteinte dune maladie incurable (comme la mère de Yuta finalement…) puisquelle se retrouve à l'hôpital très fréquemment à partir de ce moment et Yuta nen savait absolument rien, ce qui vient appuyer son côté vraiment taciturne et réservé. Eri, tout du long du manga, elle va garder le sourire malgré sa mort certaine. On sait de quoi elle est atteinte seulement à la fin du manga, quand Yuta, à la trentaine après un accident de voiture qui a anéanti toute sa famille, décide de se suicider dans un endroit quil aime (comme à lépoque). Ce qui lamène dans le bâtiment désaffecté où lavait amenée Eri à lépoque et… Cest alors quil la voit regarder un film (les 2,728 h denregistrement de Yuta) à cet endroit, elle est bel et bien vivante et physiquement elle na pas vieilli. Pendant quil pense halluciner et devenir fou, elle lui explique quelle est vraiment un vampire et ne peut pas mourir de vieillesse, que sa “mort” a été causée parce que la mémoire humaine est limitée en souvenirs. Celle qui est morte, cest lancienne Eri, maintenant on a une nouvelle Eri qui na aucun souvenir de ce quelle était avant autre que ce quelle a vu dans le film et les enregistrements de Yuta. Et cest en grande partie pour ça quelle voulait que sa mort soit filmée, pour quelle puisse se souvenir de qui elle aurait aimé être, de qui était Yuta et la nature de la relation quelle aurait aimé avoir avec Yuta si elle était lidéal quelle jouait dans le film. Une preuve damour immense, cest un peu sa manière de saccrocher à sa vie, se forger des souvenirs de ce quelle était et de ce quelle aimait pour plus tard être ce quelle aurait aimé être avec Yuta. À contrario, on pourrait aussi penser quelle voulait uniquement se créer une image delle glorifiée, un peu comme si elle était une fille parfaite.
# La fin
Je trouve la fin du manga grandiose car dun côté on sait tout (qui est Eri et ce qui manquait au deuxième film de Yuta) et dun autre on ne sait rien. Je mexplique : Yuta retrouve Eri qui lui fait comprendre quelle est bel et bien un vampire et cest pour ça quelle a survécu, mais dun autre côté on ne sait pas si ce qui est raconté est vrai, en fait ça paraît trop étrange… Comme par hasard Eri est un vampire dans le deuxième film de Yuta et il savère quelle en est réellement un, sans parler de si un vampire peut potentiellement exister dans loeuvre, on peut penser que Yuta a juste terminé son film de la sorte parce que cest ce quil avait imaginé dans le scénario. Dautre part, on na jamais vu Eri mourir, Yuta aurait très bien pu faire croire à sa mort, faire croire à un accident de voiture qui aurait tué toute sa famille. En fait on ne sait même pas si tout ce quon lit depuis le début est vrai, ou s'il s'agit dune fiction. Enfin, en ce qui me concerne, je pense que ce qui manquait à son film, cest évidemment une touche de fantaisie. Il a choisi de faire la même chose quil avait fait pour sa mère, c'est-à-dire exploser le bâtiment (AU MONTAGE !!!). Cest donc comme ça que nous quittons l'œuvre, en doutant ! Nous navons rien appris à propos de Yuta, ni à propos de Eri, la seule chose quon peut considérer comme véridique cest tout le message que Yuta a voulu nous transmettre !
![img6](img6.jpg)
# Pourquoi loubli sublime le souvenir
Dans cette section jaborde laspect philosophique du manga, un des points centraux du manga : Les souvenirs. “Goodbye, Eri” est étroitement lié à la mémoire humaine et la manière dont on sélectionne les souvenirs, le manga nous fait comprendre que même si la mère de Yuta est abusive, ce qui importe, cest de comment Yuta sen souviendra, en effet Yuta a gardé le meilleur de la relation avec sa mère, et si jamais il veut repenser à sa mère il na quà revoir son film, il nen tirera que des souvenirs positifs car, cest ce quil fait dans son film. Ce que le manga nous rappelle, cest quavec le montage tout est possible, même se faire passer pour ce quon nest pas. Cela mamène donc à réfléchir sur qui les personnages du manga sont-ils vraiment. Sont-ils tous vraiment comme ils le paraissent? On ne le sait pas parce que lun des thèmes principaux du manga est quon ne sait pas ce qui est réel ou ce qui ne lest pas (en fait si ça se trouve Yuta est un réel enfoiré et il nous manipule tous tah Ayanokoji dans “Classroom of the elite”). Une leçon déjà donnée dès la révélation de la vidéo lors de la mort de la mère de Yuta, après que Yuta lait vue, il sest soudainement remémoré de comment était réellement sa mère (cest une dinguerie comment elle vit pour les caméras). En tout cas, peu importe comment les gens sont vraiment, une fois quils sont partis, s'ils nous sont chers, limportant est de comment on sen souvient, pas de comment ils étaient, voilà pourquoi je pense que loubli fait briller de plus belle le souvenir. Voici, pour conclure la section, lavis dune des camarades de classe de Yuta et lune des seules amies dEri. Quand Yuta a choisi de filmer Eri pour son second film afin den ressortir le meilleur, en réalité, sa camarade dit que Eri était “plutôt une conne” et égocentrique. Malgré ses déclarations, elle se souviendra delle comme dune fille bien.
![img7](img7.jpg)
# Le dynamisme des planches
Rien à voir, mais petite section de transition concernant les planches. Je trouve que Fujimoto est très doué pour faire des planches originales dans ses mangas, mais celles de “Goodbye, Eri” sont les plus originales pour moi, en fait, les planches servent vraiment beaucoup limmersion. On a tout le temps le point de vue de la caméra, ce qui sublime limmersion, cest limpression de mouvement de par le focus de la caméra, les tremblements. En fait, on ressent vraiment que tout est filmé par téléphone. Voici une page pour illustrer mes propos :
![img8](img8.jpg)
On peut aussi noter qu'il ya très peu de planches focalisées sur Yuta et que la plupart sont des visions larges du panorama. Cela renforce le côté filmé avec une caméra. Pour revenir sur la fin du manga, on peut faire un parallèle avec la tirade de fin ou Yuta dit qu'il n'était qu'un spectateur tout au long de sa vie. ce qui se retranscrit sur le fait que Yuta n'est presque jamais présent sur les planches du manga.
Conclusion
Pour terminer par un petit point personnel, je suis passé par pas mal démotions lors de la lecture du manga, de la joie au stress puis la tristesse. Fujimoto sait vraiment tenir en haleine en tout cas.
Donc voilà, cétait mon “analyse”, jai limpression que ça va un peu dans tous les sens et cest assez fouilli, mais je pense avoir réussi à transmettre la plupart de mes idées, si vous avez des critiques à me proposer, je suis preneur. En tout cas cétait pas mal de boulot pour ma part et cétait jai réellement apprécié rédiger ce post, donc j'espère que ça ta plu aussi. Je tiens aussi à remercier Baptiste qui ma aidé dans la rédaction de ce post.

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title: "Analyse de Fire Punch"
pubDate: 2025-07-29
description: "Voici mon analyse concernant Fire Punch, j'aborde pas mal d'aspects du manga comme la place importante qu'ont la religion et le cinéma !"
author: "Guams"
illustration: "illu.jpg"
tags: ["Manga"]
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# Introduction
Coucou, ça fait un certain temps que je n'ai pas posté. Pas mal de choses ont fait que je n'ai pas pu poster. Mais je reviens avec lanalyse dun manga que jai lu récemment, il ma vraiment bouleversé. Jai englouti les 8 tomes en 4 jours. Dans ce post je vais partager ma vision sur pas mal daspects de Fire Punch, le premier manga écrit (pour changer) par Tatsuki Fujimoto. Je vais aborder l'œuvre plus sans particulièrement expliquer l'histoire, donc il est fortement conseillé davoir lu le manga ou du moins le connaître dans sa globalité pour apprécier/comprendre cette analyse.
# Mise en contexte
Dès les premières pages du manga, il nous est expliqué que le monde a été plongé dans une ère glaciaire à cause dune certaine “Sorcière de glace”. Il existe aussi des humains doués de pouvoir surnaturel quon appelle “élus”. Notre protagoniste Agni réside dans un village avec sa sœur Luna, cest un élu capable de régénération rapide et on comprend assez vite que les villageois se sont résolus à manger de la chair humaine pour survivre. Ils profitent donc de la faculté de régénération dAgni qui fait don de ses membres (coupé au préalable par sa propre sœur à coups de hache) au villageois. Malgré la famine, Agni et Luna vivent une vie simple et ont de quoi vivre heureux. Malgré certains penchants… euh… incestueux de Luna.
![img1](img1.png)
Cette planche appuie labsence de valeur sociale, la morale est presque anecdotique, les villageois sont déjà réduits à leur état le plus primitif pour avoir à manger de la chair humaine mais la morale nest pas indispensable à la survie, alors on penche vers des interdits sociétaux.
Puis, un jour, pendant quAgni chasse du chevreuil, il voit un avion passer au-dessus du village. Ce sont des soldats revenant dune bataille, ils viennent se servir dans les maigres provisions du village. Doma, le leader ordonne donc à ses hommes de fouiller les maisons. Sans surprise, les villageois se retrouvent méprisés car ils sont réduits à être cannibales pour survivre et pris pour des sauvages. Doma, se considérant comme supérieur à ces barbares se considérant comme un élu. Il décida de brûler le village grâce à son pouvoir qui lui permet de brûler nimporte quel être vivant jusquà ce que mort sensuive.
![img2](img2.png)
Mais notre protagoniste, grâce à (ou à cause) de sa faculté de régénération survit à ce massacre en voyant sa sœur ainsi que tout le village brûler sous ses yeux impuissants, tandis quil est condamné à subir des flammes qui le rongent en permanence. Ensuite, il va se tordre de douleur 8 ans durant en ne pensant quà une seule chose : “Venger sa sœur en traquant Doma”. Cest là que commence vraiment Fire Punch.
![img3](img3.png)
# La place de la religion
La religion est un thème assez important dans l'œuvre, elle est au centre de beaucoup de sujets et amène à réfléchir. Pour un peu de remise en contexte, on est dans un monde dévasté par une ère glaciaire, lhumanité nen a plus pour longtemps et, surtout, elle ne sait plus à quoi se raccrocher.
Un monde où la morale est oubliable à cause dun retour à un état primitif des civilisations pour assurer leur survie. Plus rien na de sens. La vie est absurde, alors pourquoi vivre ? La religion apporte des réponses à ce “pourquoi” et cest ce qui est utilisé pour gouverner les foules, elle sert à apporter la cohésion pour le “bien” collectif. Du moins cest ce qui est dit par ceux qui la façonnent. Dans Fire Punch on a cette notion de religion fallacieuse qui gouverne les masses.
![img4](img4.jpg)
Par exemple, quand Agni libère les prisonniers et les consommables à Behemdolg. La première idée qui leur est venue en tête cest quun miracle est arrivé et que cet homme est une divinité. Une idée qui rassure par son manque de fondement. Agni est un dieu venu libérer les opprimés et si son corps brûle cest par son pouvoir divin, ici les prisonniers ne se demandent pas “comment” mais uniquement “pourquoi". Dans un monde où le rationnel nest plus, le fait de se demander “pourquoi” leur apporte non seulement une cause, mais aussi une raison dêtre. Vivre pour “seigneur Agni”.
Car en effet, le “pourquoi” apporte une explication (fondée ou non) à un fait tandis que le “comment” explique la cause du “pourquoi”. On a donc le “comment” qui apporte une explication réfléchie dun fait qui vient en contradiction avec le “pourquoi” qui apporte une hypothèse pas forcément fondée afin dexpliquer un fait.
![img5](img5.jpg)
Comme le souligne très bien Togata avec une pointe dhumour : Agni nest pas ce que les gens prétendent, limage du “seigneur Agni” nest quune interprétation complètement irrationnelle façonnée par des hommes dont la vie est dénuée de sens.
Peu à peu, les gens bâtissent un culte autour dAgni, le hissant au rang de divinité. Ironiquement, il finit par incarner exactement ce quil a toujours détesté. Sa "religion" devient un outil de manipulation pour certains, menant inévitablement à des tragédies, comme celle quil a vécue avec la mort de sa sœur et la destruction de son village.
# La déshumanisation du protagoniste
On retrouve là un Agni prêt à tout pour protéger sa “soeur”. Le problème est que ça en arrive à un niveau obsessionnel où ça le rend très antipathique et psychopathe. On le voit très peu sourire à part quand il parle à Luna. Cette obsession se remarque notamment quand il apprend que Luna nest pas complètement en sécurité car le groupe dhommes qui les ont précédemment menacés est capable de représailles, cest alors que pendant la nuit il simmole la face afin de se transformer en Fire Punch, se déroule alors un massacre sans précédent dont il ne se souvient pas. Cest comme si Fire Punch était une autre facette de sa personnalité: sans pitié, assoiffé de sang. En se réveillant il se rappelle de son “objectif” initial : Sauver une femme faite prisonnière. Mais il se remémore que sa survie limporte peu, finalement seul Luna compte. Cette constatation souligne son manque de remords évident.
![img6](img6.jpg)
Son côté psychopathe sexplique aussi et surtout par sa manière de manipuler les autres, on est clairement dans la tête dun déséquilibré à ce moment dans le manga. Par exemple, son effet de régénération fonctionne parfaitement bien, mais il continue de se couper le bras à la hache à chaque fois quil doit retourner au camp pour que ses camarades ne remarquent rien. Même sa manière dêtre avec les autres est fausse. Intérieurement il est vide, on sent clairement que son passé lui pèse.
![img7](img7.jpg)
Cest quand même plutôt compliqué de faire rentrer Agni dans des cases car il a beau paraître comme un psychopathe à certains moments, on voit vraiment quau fond il est resté le même, il se cache juste derrière une carapace. La seule chose qui le rend heureux, cest de voir les autres heureux car il est persuadé de ne pas pouvoir vivre trouver le bonheur. Et il se hait car il est devenu ce quil a toujours haï jusquà présent, voire pire.
![img8](img8.jpg)
Après tout, Agni est juste un homme simple qui veut vivre normalement mais il nen a jamais eu loccasion et les seuls moments où qui lont rendu heureux étaient en vivant avec sa sœur. Et cest sans doute pour ça quil fait une fixette sur elle, car il souhaite une vie simple. On remarque que Fujimoto a le même procédé avec Denji dans Chainsaw Man : un adolescent perdu qui souhaite vivre simplement.
# La transidentité dans loeuvre
Une fois que Togata a aidé Agni à fonder son culte autour de Fireman, un des fidèles du seigneur ayant comme pouvoir de lire dans les pensées vient annoncer à Agni quil a lu dans les pensées de Togata. Il a trouvé utile dexpliquer (très maladroitement) à Agni quil pense que Togata se joue de lui, qu'elle le considère comme son outil et que cest intérieurement un homme. Mis à part les suppositions sur si elle manipule Agni ou non, la manière du fidèle dexposer la transidentité de Togata montre très clairement le manque de sensibilisation sur le sujet. Il le dit comme si ça allait appuyer son argumentation alors quen réalité ça na juste rien à voir. Et ça va très sérieusement fâcher Togata comme on le voit par la suite, puisquelle fugue.
![img9](img9.png)
![img25](img25.jpg)
Je trouve ce passage plutôt intéressant car dans un monde où lhumanité est réduite à ses besoins primaires, les gens ne prennent pas le temps de sattarder sur ce qui nest pas important pour leur survie. Car depuis l'ère glaciaire, la technologie a régressé tout autant que les mentalités.
_(Petit exemple des mentalités moyenâgeuse)_
![img10](img10.png)
Alors, au vu dun problème social aussi complexe que la transidentité, cest alors normal que Togata se sente seule car elle est lune des seules à hériter de lancienne civilisation.
Cest dautant plus triste pour Togata car elle est forcée de vivre dans un corps de femme. Pourquoi? À cause de sa faculté de régénération, elle na jamais pu se faire opérer, elle est donc condamnée à s'auto-convaincre dêtre ce quelle nest pas. Et ça ne se limite pas à ça, cest pour elle une souffrance dêtre considérée comme une fille car cest lapparence physique qui définit un individu (au premier abord). On constate que la situation de Togata est similaire à celle dAgni, Agni veut seulement vivre une vie normale mais nest absolument pas normal, destiné à être idolâtré comme un dieu de par son apparence physique. Tandis que Togata est condamnée à être socialement considérée comme une femme alors quelle voudrait être un homme. Cest vraiment super intelligent davoir pensé à ça, cest un sujet très peu souvent abordé (du moins je ne connais pas de manga abordant la transidentité) et il est abordé de manière habile grâce au pouvoir de Togata.
Par ailleurs, je trouve cette scène plutôt amusante, elle témoigne de leur caractère enfantin et cest notamment en partant de cette scène que les deux vont commencer à se rapprocher.
![img11](img11.jpg)
![img12](img12.jpg)
# Le cinéma dans Fire punch
Fire Punch me fait penser à Goodbye Eri sur certains points. Premièrement: la mise en scène. En effet, l'introduction de Togata est présentée à la manière dun “vlog” ou dun “found footage”, on comprend immédiatement à sa manière de parler et au plan fixe des planches que le lecteur a le point de vue de la caméra.
![img13](img13.jpg)
Mise à part les plans, Togata est la personnification de lamour de Fujimoto pour le cinéma, en quelques sortes. Il parle de sa passion depuis le personnage de Togata, autant dans les dessins que dans les dialogues. Sans cinéma, la vie de Togata na pas dintérêt, sa vie est vide, vide de sens. Alors tout au long de l'œuvre, elle manifeste sa seule raison dêtre: le septième art. Et ça se voit par la réalisation de son film autour de Fireman.
![img14](img14.jpg)
Aussi, tout au long du manga, Togata nous fait des références cinématographiques, que ce soit Matrix ou bien Spiderman.
![img15](img15.png)
Mais encore et surtout, le paradis est symbolisé par un cinéma. Et la mort de Togata y est grandiose grâce à ça. Car dans toutes les œuvres de Fujimoto on a une place particulière du cinéma. Par exemple Goodbye Eri qui est clairement un hommage à celui-ci, ou encore dans Chainsaw Man avec la scène du cinéma entre Denji et Makima. Ici dans Fire Punch, la symbolique est centrale: le paradis est une salle de cinéma sans fin et on y visionne sa vie.
![img16](img16.jpg)
![img17](img17.jpg)
![img18](img18.jpg)
En plus davoir une fin touchante, la dernière planche lest tout autant : elle vient renforcer cette symbolique du cinéma. On a limpression davoir suivi toute la vie dAgni à travers le prisme dun film. Et quand tout sarrête, cest un peu comme à la fin dune séance : les lumières se rallument, tout le monde se lève, un sourire aux lèvres, encore marqué par ce quil vient de vivre.
![img19](img19.jpg)
# Lhumour dans Fire punch
Malgré son côté sérieux, Fire Punch sait faire rire avec de lhumour gras, notamment grâce à Togata et son comportement obscène. Son humour colle plutôt bien à celui du tonton beauf un peu misogyne. Qui plus est, mentalement Togata se considère comme un homme, ce qui colle aussi bien mieux à cette image qu'à son apparence physique.
Dans l'œuvre, lhumour nous est plus familier étant donné quil fait plus occidental (comme beaucoup des influences de Fujimoto, notamment concernant le cinéma). Et ça fait du bien car jai un peu de mal avec lhumour japonais.
![img20](img20.jpg)
![img21](img21.jpg)
# Conclusion
Pour conclure cette analyse, jai franchement beaucoup aimé Fire Punch et son rapport à la religion, les personnages de Fujimoto paraissent très humains de par leurs imperfections et ça fait du bien. En ce qui me concerne, je pense avoir fait le tour de ce qui mintéressait vraiment chez Fujimoto. Jai pu mattarder récemment sur Naoki Urasawa, lauteur de Pluto, Monster ou encore 20th Century Boys. Une de ces œuvres sera peut-être sujette à une prochaine analyse. Qui sait ?
Concernant mon rythme, je ne suis sûr de rien, joscille entre motivation et procrastination. Néanmoins, je pense déjà avoir une idée de quoi parlera la prochaine analyse !

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title: "Fonctionnement de la nouvelle architecture du blog (pour les nerds)"
pubDate: 2026-09-12
description: "Je vais vous décrire pourquoi j'ai refait de A à Z mon site de blog et expliquer techniquement le fonctionnement du nouveau et de l'ancien, appuyé par des schémas. Pour mes nerds :)"
author: "Guams"
illustration: "illu.jpg"
tags: ["Dev"]
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# Introduction
Ça fait un bail que je n'ai pas sorti de post sur ce blog ! Je n'étais vraiment pas satisfait du rendu que ça donnait
![ancien_look](ancien_look.webp)
Je trouve le style super générique, sans âme et plein d'autres raisons m'ont un peu forcé la main pour changer complètement l'archi et le style.
![nouveau_look](nouveau_look.png)
J'ai opté pour une DA SIGNALIS, un jeu indé vraiment cool que j'ai pu jouer au début d'année !
# Les probèmes structurels de l'ancien blog
Pour un peu de mise en contexte : l'ancien site fonctionnait sur une stack Angluar + SpringBoot + Postgres avec Angular pour frontend en CSR (Client-Side Rendering) qui communique avec un backend Spring qui interagit lui avec la base de données Postgres. Donc en résumé une simple SPA (Single Page Application)
![schéma_SPA](schema_spa.png)
## Le CSR, un problème pour le référencement
Le CSR est primordial pour le fonctionnement d'une SPA, ça permet de générer une page web dynamiquement grâce au navigateur du client mais étant donné que le contenu des pages n'existe pas réellement sans envoyer de requête au back alors les robots google n'ont pas tout le contenu du site pour pouvoir bien le référencer.
## Un problème fondamental de conception
J'ai par flemme conçu mon système pour encoder chacune des images sur les blogs en base64
. Comme ça au lieu de les stocker sous forme de fichier statique sur le back, je peux les stocker directement en base de données. Problème : une image encodée en base64 est approximativement 33% à 37% plus lourde, donc sur un blog qui contient 23 images (ce qui est le cas de [l'analyse de fire punch](https://kolibri.guams.fr/posts/analyse-de-fire-punch)) donc en cumulant la taille de chaque image ça devient TRES LOURD.
## Un problème de performance
En rapport avec le précédent point, voici qui héberge TOUS mes sites :
![rpi](rpi.png)
C'est un Raspberry pi 5 donc le principe de devoir faire une requête lourde de potentiellement quelques dizaines de Mo peut le faire un peu galérer (en fonction de l'internet on peut attendre de 5 secondes à 30 secondes rien que pour récupérer les blogs...).
## Une qualité de code plutôt mauvaise
Angular était mon premier framework web que j'ai appris à utiliser. Et avec du recul, Angular est un assez mauvais choix car en plus d'être lourd et plutôt pas performant, il est difficile à réellement prendre en main (mon ancien blog était en angular 18 mais le framework a beaucoup changé depuis).
SpringBoot de son côté est un super framework pour des API web mais est super complexe à prendre en main (j'ai été formé 1 an à l'utiliser et je ne comprends pas encore réellement son fonctionnement !).
# Le nouveau fonctionnement du blog
Ce nouveau blog est développé en Astro, un framework web plutôt léger qui permet notamment l'interprétation de fichier markdown en page HTML.
L'architecture de l'appli ressemble à ça :
![headless_cms_schema](headless_cms.png)
Ça ressemble assez vite fait à un headless CMS car le fonctionnement est globalement pareil mais ce n'en est pas vraiment un. Pour expliquer plus en détail le schéma :
* Depuis Gitea j'upload des fichiers markdown qui correspondent aux posts
* Gitea exécute un runner qui va s'occuper de build la nouvelle image docker
* Le runner sert un site web 100% statique
L'intérêt principal c'est les temps de chargement instantanés.
J'en ai profité pour créer un compte qui s'occupe de commit les blogs aussi, puisque le blog est en rapport avec SIGNALIS
![who_is_bro](who_is_bro.png)
# Les avantages / inconvénients de cette solution
* \+ Aucun temps de chargement
* \+ Maintient plus facile (pas de back à maintenir, juste un front)
* \+ Une interprétation native du markdown grâce à Astro
- \- Dépend de Gitea
- \- Le temps de build est très long (surtout sur un RPI)
![build_time](build_time.png)
# Conclusion
J'ai fait une refonte complète de mon ancien blog avec un style plutôt original, une architecture entièrement différente et j'ai pu expérimenter ma première mise en place de CI/CD.
Je compte faire quelques améliorations concernant le style ou le fonctionnement du site. La version actuellement existante n'est pas finale. J'espère que ma petite tirade aura intéressé quelques nerds... Si vous avez des questions concernant les détails du site, vous pouvez aller lire le code sur gitea (pas encore documenté D:) ou bien m'envoyer un message sur insta ou autre.
Je vais faire de mon mieux pour rester actif en tout cas !

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