--- title: "Analyse de P3R - Épisode Aigis" pubDate: 2024-10-21 description: "Dans ce post j'analyse Persona 3 Reload - Épisode Aigis, on a plutôt une analyse de la philosophie ainsi que la mentalité des personnages ici. Disclaimer : JE SPOIL ABSOLUMENT TOUT LE DLC" author: "Guams" image: url: "https://docs.astro.build/assets/rose.webp" alt: "The Astro logo on a dark background with a pink glow." tags: ["Jeux vidéos"] --- # Introduction Dans ce post, je propose une analyse du tout nouveau (plus tant que ça) Persona 3 reload épisode aigis, un DLC qui vient en complément du jeu original et apporte une suite à l’histoire. Je tiens à préciser que je ne parle d’absolument aucun élément de gameplay ici, je ne trouve pas ça pertinent contrairement à l’histoire qui, elle est très symbolique et pleine de messages. Premièrement, un peu de mise en contexte : Après que makoto ait passé l’arme à gauche on constate un impact évident sur le moral de ses camarades, surtout sur Aegis qui, elle, découvre en elle une certaine vacuité et exprime son souhait à Mitsuru de retourner au laboratoire afin de concrètement mettre fin à ses jours aussi (C’est comme ça que je l’ai interprété en tout cas). On a ici une Aegis vraiment pas au top de sa forme… Tous les membres de la SEES cherchent à tout de même honorer la disparition de Makoto qui (on le rappelle) a fait disparaître Tartare. Pendant la soirée, à la télévision, la présentatrice entame le compte à rebours vers minuit, la date est censée passer du 31/03 au 01/04. Le décompte passé, la même présentatrice annonce les informations du 31 mars et la date n’a toujours pas changé non plus… Il s’avère qu’ils sont coincés dans une boucle temporelle. La nuit suivante, une machine semblant être comme Aegis s'appelant Métis fait son entrée, malmène toute la SEES en disant vouloir protéger Aegis. Celle-ci voulant protéger ses amis se bat contre Métis mais sans succès, c’est alors qu’elle perdit et Métis continua à violenter les coéquipiers de notre robot préféré sous ses yeux, sans qu’elle ne puisse rien y faire. C’est là que Aegis éveille sa toute nouvelle persona Orphée (la même persona que Makoto !). On a ensuite une ellipse de trois jours, puis c’est le début du jeu. Voici ma remise en contexte non exhaustive, la fin est un peu brutale car je préfère garder l’aspect philosophique pour plus tard. À présent, je vais aborder l’état psychologique de Aegis qu’on peut voir très affaiblie tout au long de l’histoire. # L’état mental de Aigis Comme dit plus haut, on a dès le début de l'œuvre une Aigis remplie d’incertitude quant à sa raison d'être. Manquant de volonté de vivre, elle a demandé à Mitsuru si cela était possible de la ramener au labo, c’est un peu une manière de mettre fin à ses jours. On peut d’ailleurs comprendre un peu mieux sa tristesse avec l’OST “Disconected”, voici deux paragraphes provenant de celle-ci : Paragraphe n°1 “Feeling empty Spending days and nights of silence 'Cause no words can explain how I feel In my mind, and heart Oh, I don't know what I am but I miss myself 'Cause she's not here anymore How can I move on? Please tell me” Paragraphe n°2 “It feels like my heart is suffocating How do you make amends when you're gone from me? Even though with a win How come I feel so lost? Nothing makes sense to me I'm so numb, so lost without you” Dans cette OST Aigis parle à la première personne, on voit ici une certaine détresse quant à son état mental. On peut considérer ça comme une sérieuse dépression, elle ne dort plus, le cœur serré, plus rien n’a de sens sans Makoto. Il y a aussi deux vers très intéressants dans le paragraphe n°1 sont : “Oh, I don't know what I am but I miss myself 'Cause she's not here anymore” Ici Aigis fait directement référence à Métis qui est en réalité partie intégrante d’elle, mais par manque de volonté elle s’est elle-même dénigrée (ce qui a mené à l’arrêt du temps). Métis qui représente son humanité et sa volonté de vivre, c'est aussi pour ça que quand Aigis refuse de vivre Métis s’est mise à pleurer, car elle refuse que Aigis meure, cela voudrait dire qu’elle se retrouverait à nouveau seule. Maintenant que l’état psychologique de Aegis a été approfondi, je vais parler du contexte de la boucle temporelle symbolisé dans ce DLC par un désert de porte. Pourquoi des portes? À quoi cela fait référence? # Le désert de porte On a donc une boucle temporelle avec les membres de la SEES qui sont coincés dans le dortoir avec comme seul accès externe un sous-sol qui s’est formé avec l’avènement de Métis, celui-ci donne accès sur un désert de porte (littéralement). Chaque porte donne accès au passé d’un membre de la SEES, le fil directeur du jeu est pour chacun des membres de l’équipe de faire face à son passé. Donc de faire face à des moments difficiles que chacun a vécus. Le désert de porte pourrait potentiellement représenter l’infinité de la mémoire, du fait que les portes les plus isolées sont les souvenirs douloureux les plus enfouis dans notre mémoire, ce serait aussi pourquoi chaque porte ouverte par les membres de l’équipe représente un réel traumatisme ou une référence à leurs traumatismes (puisque ce sont les plus évidentes). Ce sont des émotions très fortes qui sont ressenties dans ces souvenirs, ce qui vient marquer l’importance de ceux-ci. Je tiens à ajouter que ces souvenirs font référence à des événements majeurs de leur vie, ce qui a en partie contribué à forger qui ils sont aujourd’hui. On peut citer comme exemple le manque évident du père de Yukari, on peut clairement parler d’une obsession, de comprendre ce qui a pu arriver à son père. Peut-être espère-t-elle le retrouver au fond (foreshadowing? :D). Une fois arrivé au dernier souvenir, on voit un souvenir appartenant à Aegis, en fait c’est un rêve qu’elle faisait souvent après la mort de Makoto, ce qui appuie son traumatisme une fois de plus. À la fin de la scène on il y a un gros flash blanc et la silhouette de Métis émergeant de l’ombre de Aegis, c’est là qu’on peut supposer que Métis est née ! Tout ça après que Aegis ait prononcé ces mots : “If this is what it’s like now… then I… I wish I could just be a simple machine again…” donc une perte de sa raison d’être. Ensuite je vais parler des différentes batailles d’idéaux, dans cette partie il y a des différences d’interprétation entre les membres de l’équipe qui se concluent en confrontation, c’est un point vraiment intéressant pour mieux comprendre la philosophie ou les principes de chaque personnage. # Une bataille d’idéaux Une fois toutes les portes ouvertes Métis révèle que la solution pour sortir de cette boucle temporelle, il faut forger la clé et chacun des membres de la SEES en possède une partie. Cette clé servira soit à revenir au présent, soit à revenir dans le passé et pour la forger, il faut soit un accord collectif soit une soumission de l’autre à notre idée par un combat. On a alors plusieurs camps qui se forment : Aegis Métis Fuuka Le second : Amada Sanada Le troisième : Junpei Koromaru Le dernier : Mitsuru Yukari Dans le premier camp c’est l’équipe des indécis, Aegis par manque de volonté, Métis pour protéger Aegis et Fuuka uniquement pas indécision. Dans le second, on retrouve Amada et Sanada qui veulent revenir dans le présent par respect envers le sacrifice de Makoto. Le troisième groupe qui ne veut pas revenir dans le passé par peur qu’en réparant les erreurs du passé actuel cela crée d’autres erreurs avec conséquences potentiellement plus grosses. Le dernier qui veut retourner dans le passé pour réparer leurs erreurs. On a donc deux idées qui se confrontent ici (sans compter les indécis), de l’un une vision stoïque et de l’autre du déni. Ceux qui veulent retourner dans le présent aborde une vision des choses plus rationnelle et en rapport avec le stoïcisme, comme quoi nous ne devons pas être affecté par des événements passés, que nous ne pouvons pas changer et que nous devons vivre avec, s’accepter comme on est pour être en paix avec soi. De l'autre des personnes qui agissent sous le coup de l’émotion et persuadées que revenir dans le temps pourrait corriger leurs erreurs passées, d’ailleurs Junpei soulève une question très intéressante avant de combattre. Yukari n’arrive visiblement pas à accepter sa défaite, d’ailleurs, parce qu’après avoir soumis le reste de l'équipe, elle fond en larmes en exprimant à quel point son père lui manque, ce qui appuie l’usure psychologique de certains membres de l’équipe quant à leurs traumatismes. Sans trop de rapport, je trouve important de préciser que dans l’OST “Don’t” la chanteuse nous décrit le point de vue d’un membre de la SEES qui se bat pour sa vision des choses : “Do not make me Already lost my keys To the door wide shut Only have one wish Now it's never gonna come true Trapped in time Forever in remorse How could I ever be In peace when nothing else matters to me” Métis a par la suite convaincu Aegis de continuer de vivre, car Métis est en réalité la partie que Aegis a refusé d’accepter (son humanité, son envie de vivre). Après être redevenue lucide, Aegis a pris la décision de revenir dans le présent, or pour cela il faut franchir une dernière porte… Derrière cette porte se situe le boss final du DLC, avec toute sa symbolique aussi, cette partie sera expliquée dans la partie suivante. # La bataille finale Après que Aegis ait pris la décision de revenir dans le présent, en ayant au préalable convaincu ses coéquipiers par la manière forte. On a une statue de Makoto scellant une porte, c’est vraisemblablement Nyx qui y est scellé. Et une monstruosité qui essaie de briser le sceau. Pour rappel, Makoto a scellé Nyx (qui représente la mort, la fin du monde) en échange de sa vie à la fin du jeu. Ici on a une métaphore où la monstruosité représente l’accumulation d’émotions humaines négatives, ou, concrètement tout le mal-être humain réuni en une seule entité qui souhaite l’avènement de Nyx. On a la SEES qui se bat contre cette monstruosité, un travail titanesque car on parle quand même de la représentation de l’accumulation de toutes les émotions humaines négatives et on pourrait imaginer que s' ils n’arrivent pas à la battre, à terme le sceau de Makoto aurait été brisé et plus personne ne serait là pour arrêter Nyx. Dans l'œuvre, la volonté humaine dirige indéniablement vers la fin des temps (on pourrait probablement faire un parallèle avec la vraie vie). # La philosophie derrière la fin Dans cette section, je ne fais que supposer, je ne suis pas philosophe. On a du côté de la SEES une vision plutôt volontariste (celà est valable tout du long de persona 3), où chacun cherche à forger l’avenir par la seule force de sa volonté. Tandis que de l’autre côté on aurait plus une vision fataliste motivée par le pessimisme des pensées sombres qui composent cette créature. Elle symbolise les sentiments humains négatifs et a pour seule volonté la libération de Nyx. Le désespoir mène à s’enfoncer dans le malheur et chercher du réconfort dans celui-ci . Il est généralement plus simple de remettre la faute sur une cause externe possiblement inexistante ou, du moins, incertaine (exemple : le destin). La morale apporte une vision qui vise à être en paix avec ce que l’on est et dans le fait d’avancer dans la vie et de chercher à remédier clairement à nos problèmes que de les fuir et de se conforter dans une “réalité alternative” créée par notre cerveau pour “supporter” le malheur (alors qu’en réalité, il ne fait que nous conforter dans celui-ci). Maintenant que je vous ai assommé avec toute cette philosophie, passons à la conclusion ! # Conclusion Pour conclure ce DLC je trouve ce DLC vraiment intéressant vu d’un aspect réflexion, philosophie, sa morale est réussie et l’ensemble du DLC véhicule des messages importants et encourageants. Pour apporter un aspect plus personnel, je trouve que le DLC est réellement bien structuré dans son histoire, sa symbolique et les messages qu’il transmet au joueur, mais en ce qui concerne l’aspect gameplay, il s’agit plus d’un recyclage… En tout cas, voici ma première analyse, si vous avez des retours à me faire, n’hésitez pas, je suis ouvert à toute critique. Merci d’avoir lu. :)